Pourquoi ce blog??

Me voila partie pour un semestre d'études à Bombay. Mon objectif: découvrir la culture indienne, qui s'annonce très différente de la mienne.

Dans ce blog, je retranscrit mes expériences, mes réactions, mes avis, à propos de mes découvertes indiennes.

Vous rêveZ de connaître un mieux ce pays fascinant? Alors suivez mes aventures! Plus qu'un simple récit, je vous prends à témoin. Venez réagir sur le réalités culturelles de l'Inde.

Notre manière d'appréhender le monde est-elle la seule alternative?

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Vendredi 21 décembre 2007

25 décembre. Noël. Repas en famille. Foie gras, saumon fumé, champagne, bons moments... et puis non. Partir en Inde. Passer Noël sous 30 degrés celsus et puis le jour de Noël, être invitée à un mariage indien.

Voila un noël original, hors du commun. L'îdée d'assister à un mariage traditionnel faisait briller mes yeux rien que d'y penser. M'y voilà! Cela s'annonce grandiose.

Et tout commence avec les préparatifs : le shopping. Je pensais ramener un sari comme souvenir de mon voyage en Inde, mais avoir le privilège de le porter dans des circonstances telles... encore mieux. Pour le choisir, je demandais conseil à Pratima, avec qui j'avais sympatisé dans le train il y a quelques semaines. Elle était toute excitée à l'idée de m'amener dans son magasin favori, puis, me dit-elle, il me faudrait aussi des bundles (bracelets), un collier... et les chaussures? Qu'est-ce que j'avais comme chaussures? :)  On aurait dit qu'elle me préparait pour mon propre mariage. J'étais entre de bonnes mains. 

Le soir du rdv venu, nous sommes donc allées dénicher le sari que j'allais porter le soir du 25. Le magasin était rempli de diverses étoles et tissus, touts plus beaux les uns que les autres. Full of color, Full of life. 

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On s'asseoit près du long comptoir et les tissus défilent... This one is good. No, I perfer that one, you should wear that... Soie, coton, paillettes, motifs... On s'en prend plein les yeux.

Et puis vienne les essayages. J'essaie alors de mémoriser comment ce bout de tissu de 5/6 mètres de long peut s'arranger pour faire un sari digne de ce nom. Cela semble irréel.

Et voilà le résultat, après environ une heure passée à "s'essuyer les mains", comme dirait mon papi (lol). J'ai choisi mon tissu, sous les conseils avisés de Pratima. Je repasserai le chercher demain, car ils doivent encore passer le tissu à la presse, pour qu'il ne glisse pas et reste fixe. Le vendeur me donne un bout de tissu qu'il vient de découper du sari : je dois aller voir un tailleur, pour confectionner la blouse (petit T-shirt qui fait parti de l'ensemble, réalisé sur mesure). Je me disais aussi, en voyant toutes ces femmes dans la rue, que les blouses étaient toujours très bien taillées. Normal, elles sont faites sur mesure!

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J'irai ensuite acheter un jupon, des bundles, des bijoux.. C'est très amusant de se préparer à être ornée de la tête aux pieds. Cela me semble être beaucoup trop... le style indien n'est pas sobre du tout... J'aime bien cette extravagance, qui pour eux, n'est pas vraimet une extravagance d'ailleurs, c'est juste normal de se faire belle pour de pareilles occasions.

Pratima fut une parfaite conseillère et se révéla être une femme sensible et intéressante. Je l'invitai au restaurant avec Emily et Gaëlle, venuees assister aux essayages, et nous avons passer un très bon moment. Elle insista pour nous offrir une glace, après, et téléphona à son mari pour voir si elle pouvait nous inviter chez elle. C'est ainsi que l'on s'est retrouvées à 11h du soir à visiter son appartement (jusqu'à la chambre où son fils dormait profondément!), à parler de tout, de rien, avec Ashish et Pratima.

Tellement chaeureux et accueillants, ces indiens. Elle m'a même téléphoné pour être sure que je sois bien rentrée chez moi... sweet!

Me voila prête pour le mariage.


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Lundi 17 décembre 2007

Un des cours que je suis actuellement à Bombay me permet de découvrir l’Inde rurale d’aujourd’hui. Agribusiness. Le secteur de l’agriculture et toutes les activités rurales associées.

Bien qu’étant issue d’une famille de paysans, ma culture agri s’arrête à quelques sessions de traite des vaches avec mon oncle ou d’arrachage de pommes de terre chez mon grand père. Grace à ce cours, animé par un professeur jeune dynamique et très calé, je découvre toute la technicité associée à ce secteur : fertilisants, nutritifs, services bancaires, équipements, fixation des prix du marché, problématiques diverses… Cela représente un champ d’informations énorme, d’interrelations, d’acteurs, de transactions…

Ce weekend, avec ma classe, nous sommes partis pour un agribusiness trip aux alentours de la ville de Pune, avec au programme : visite de Kansi (premier salon agribusiness en Inde), rencontre des différents acteurs, visites de fermes, de magasins de fertilisants dans des petits villages, marchés, vignoble… Un weekend au plus près des populations rurales indiennes. Découverte d’un mode de vie qui concerne 50% de la population indienne.

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Tout cela fut très instructif et intéressant. Même si certains fermiers continuent à labourer leurs champs avec des bœufs, même si leurs équipements paraissent parfois rudimentaires, je m’aperçois qu’ils ont une expertise technique pointue en ce qui concerne leur métier : rotation des cultures, nutriments pour la terre, optimisation des systèmes d’irrigations… Ils dépensent des sommes importantes pour leur budget dans ces salons/magasins… pour optimiser leur travail, leur rendement, leur revenu. En voyant des marques internationales dans ce milieu là (tracteurs John Deere par exemple), cela me fait réaliser que ce marché est globalisé. Bien sûr, chaque région du monde évolue à son rythme.

Les fermiers que nous avons rencontrés nous ont raconté un peu leur mode de vie. Toute la famille vie dans une maison construite en dur près d’une route locale. Une grande pièce est partagée entre les membres de la famille où cohabitent plusieurs générations. C’est l’homme qui prend toutes les décisions. Chacun l’informe sur les situations quotidiennes et lui décide des achats, des travaux, des transactions… Par contre, ce sont les femmes qui vont travailler dans les champs, généralement de 7h du matin à 7h du soir, et 7 jours/7.

On ressent que ces gens doivent certainement avoir des conditions de vie difficiles (dur labeur, niveau d’éducation, accès à la santé..). Même s’ils vont chercher l’eau au puits tous les jours, ils travaillent, gagnent leur vie, mangent les produits de la ferme et des marchés environnants… Leur vie semble paisible. Leurs moments de détente se passent en famille, autour d’un feu de bois ou même devant la télévision. Les enfants rient. Ils paraissent heureux. Ils sont heureux. Ils ont une vie simple, dure parfois. Ils ne connaissent pas d’autres façons de vivre, les activités, les loisirs, les vacances… . Cela fait beaucoup relativiser quant aux nombreux artifices qui font parties de nos vies.  Cela donne presque envie de revenir à un mode de vie simple, basée sur de vraies valeurs. Travailler la terre, élever ses enfants, transmettre un patrimoine…

Cette Inde rurale va certainement évoluer au cours des prochaines années. L’agriculture intensive globalisée va-t-elle devenir la norme ? En attendant cela fait plaisir de rencontrer de petits fermiers, tellement chaleureux.


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Lundi 17 décembre 2007

Avoir une vingtaine d’années en Inde, cela implique systématiquement une question dans la tête des gens : Are you married ? Le mariage est un passage obligé, la société pèse sur vos épaules.

Historiquement, le mariage indien est un mariage arrangé. Beaucoup de mariages continuent aujourd’hui à se passer de cette manière. Les parents recherchent une femme/un mari à leur enfant, qui soit du même niveau social que la famille, et qui s’accorde avec la personnalité de leur fille/fils.

Pour moi, le fait de se voir imposer une personne avec qui vivre le restant de ces jours, semble invraisemblable.  Mais après tout, avec le nombre de divorces qui arrivent dans nos sociétés occidentales, peut-n se permettre de juger ? La plupart des mariages arrangés semblent fonctionner. Pratima, une indienne d’une quarantaine d’années que j’ai rencontré dans le train, m’avoue qu’elle avait peur quand, à 22 ans, on lui a présenté son mari. « Je ne me voyais pas passer le restant de ma vie avec ce garçon que je connaissais à peine. Je ne voulais pas que ma vie soit faite de routine… Au début j’avais peur de m’ennuyer avec lui, de ne pas trouver des sujets de conversations. » Et je lui demande, finalement ? « Finalement, chaque jour est différent et je suis très heureuse ! ».

Un autre ami me faisait part l’autre jour que « les parents sont les personnes les plus à même pour trouver quelqu’un qui nous corresponde. Ils nous connaissent très bien et savent avec qui on va s’entendre ou pas ». Et puis « le mariage est un passage obligé. Arrive un moment où l’on se sent seul dans la vie, on a besoin de partager sa vie avec quelqu’un ».

On arrive presque à penser que le mariage est une des choses les plus essentielles dans la vie (et pourtant, je suis loin d’être une convaincue du mariage !). Comment aurais-je réagis si j’étais née en Inde, et que j’étais exposée à cette situation ?

Mais à côté des histoires roses, le mariage en Inde engendre aussi beaucoup de situations dramatiques. La question de la dote (somme d’argent versée au moment du mariage par la famille de la fille) est théoriquement interdite aujourd’hui, mais continue à soulever des problèmes tels l’infantice des petites filles, l’homicide volontaire – voire le meurtre – des femmes par leur belle-famille, aussi bien que de nombreuses concessions plus légères effectuées dans la vie de tous les jours par les femmes mariées.

Une autre contrainte imposée par la société est le mariage inter-communauté. Si un couple décide de se marier et qu’il s’avère que les deux amants sont issus de deux « castes », communautés,  ou religions différentes, dans la plupart des cas ils sont reniés de la famille, ignorés.

Ces situations rappellent à quel point la religion, la société, pèsent sur la population indienne. Les choses évoluent bien sûr, mais ce qui est certain, c’est que l’on a pas la même vie à 20 ans suivant l’endroit de la planète où l’on est né.


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Vendredi 7 décembre 2007

Voila plus de deux mois que je suis à Bombay maintenant, et tous les jeudis matins, je vais à Ankur, foyer de jour qui accueille des enfants issus du bidonville le plus important de la mégalopole : Kamathipura. 

Ankur accueille une vingtaine d'enfants, agés de 1 à 4 ans. Une équipe de 6 personnes s'occupent d'eux durant la journée, por éviter qu'ils sont livrer à eux même dans le bidonville... Ankur leur fournit leurs repas, leurs uniformes, leur apprend les principales règles d'hygiène, et développe leur apprentissage de la vie. Chansons, dessins, et surtout lien social permettrot à ces bouts de chou de se construire.

Ankur finance aussi les frais de scolarités d'une autre vingtaine d'enfants, agés de 5 à 18 ans. Ils peuvent ainsi bénéficier d'une éducation scolaire, durant soir la session du matin (9h-13h), soit la session de l'après-midi (13h-17h). Suivant la session qu'ils suivent, ils passent le reste de la journée à Ankur. Ils font leurs devoirs, dessinent, font des jeux, et trouvent ici un foyer,une seconde famille.

DURGA.jpgPour plus d'informations sur Ankur et le CCD Trust, l'ONG qui régit ce foyer :  
http://www.ccdtrust.org/

Je fais du volontariat à Ankur. Une matinée par semaine, j'anime un atelier "découverte de l'ordinateur" avec le groupe des 5-18 ans. Pour moi, il était important de de donner un peu de mon temps dans un pays où tellement de gens ont besoin d'aide, de soutien, d'attention ou tout simplement d'un sourire. 

Sapana.jpgC'est très intéressant de partager avec ces enfants. Même si leur anglais est meilleur que mon niveau en hindi, leur langie maternelle, notre communication est plutôt basique. N'avoir à sa disposition qu'un vocabulaire restreint amène à utiliser sa communication non verbale, et je m'aperçois que parfois, beaucoup plus de choses passent. Un regard, une gestuelle, un fou-rire...

Reshma, ANish, Deepali, Babu, Pimky et les autres. Tous sont super actifs, passionnés et tellement attachants. L'ordinateur se situe au milieu de la pièce (classe/ salle de jeux), et tous veulent l'utiliser. Dès que j'arrive, chacun me demande "Me computer, me computer" "first, first, first didi". Tout le long de la matinée, Anand vient me voir et boude car je lui dis qu'il est déjà passé la semaine dernière, et que d'autres sont avant lui.

Je leur apprends à taper au clavier. Ils adorent taper les noms de toute leur famille. Comme ils ne sont pas confortables avec l'anglais, et particulièrement l'alphabet écrit (pour ceux qui ne le sauraient pas l'hindi a son propre alphabet, différent du notre), je leur épèle tout ce qu'ils veulent écrire. Mais ils ne s'éffouflent pas; Ils vivent à 100 à l'heure.

untitled.jpgJe leur apprends aussi à calculer sur Excel, pour les plus grands d’entre eux. Mais ce qu’ils préférent, c’est dessiner sur paint. Tous les dessins sur cette page sont fait de leur main, ou plutôt de leur clic. Pimky a beaucoup de mal à comprendre comment marche la souris, comment faire un trait ou une courbe, alors que Deepali part dans des dessins super développés de fleurs et de papillons…. Chacun sa personnalité.

D’une manière générale, tous dessinent des maisons, des montagnes, des arbres… Très différent de leur quotidien malheureusement.

Tous sont tellement actifs, passionés…qu’il me donne de l’énergie.

Merci à ces petites têtes, qui m’appelent tous didi (comprenez grande sœur) et m’ont tellement donné pendant ces sessions du jeudi matin. Dommage que je ne puisse pas prendre des photos à Ankur, vous auriez pu voir comment ils sont attachants. Plus que trois semaines et je les quitterai. Ils vont me manquer.

L’engagement humanitaire est très prenant. Ce fut ma première expérience dans ce domaine. A renouveller. Je vous laisse la parole maintenant chers internautes, poster vos commentaires et partager vos propres expériences de volontariat, vos ressentis, vos coups de cœur.

A vous


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Mardi 27 novembre 2007

‘En Inde, tout geste est rituel, toute parole incantation’ Malraux

 

Alors qu’en occident la religion perd chaque jour un peu plus de son importance dans la société, ici, son utilité semble incontestable. Pratiquée, visible, vécue… pas un jour ne se passe sans que le sacré n’intervienne dans mon quotidien.

 

Hindous, musulmans, chrétiens, sihks, jains, boudhistes. autant de pratiquants que l’on rencontre ici, tous les jours, et pour qui la religion est un art de vivre. La religion est partout.

 

Tout dabord, les lieux de prière. Il y en a tellement que l’on en découvre tous les jours. Lorsquen France par exemple, on dit ‘le bureau de poste est à côté de l’église’, eh bien ici il y a tellement de  temples, sanctuaires, monastères, mosquées, églises, ashrams, ou mandirs…que l’on peut passer beaucoup de temps avant de trouver la fameuse poste… Lors de la dernière enquête de recencement, on notait 2 400 000 édifices religieux en Inde, alors que le pays n’est doté que de 1 500 000 écoles ou encore de 750 000 hopitaux. Cela donne un apercu de l’importance de la religion dans la vie des indiens.
   

 

Le caractère sacré s’exprime aussi avec tous les personnages religieux que l’on croise sur son chemin. Prêtres, ascetes, renoncants, mystiques, sadhous, sages, gourous, chaque regard croise rappelle la spiritualite omniprésente ici.

 

L’hindouisme considère  l'omniprésence de Dieu. Les Dieux sont multiples, ils peuvent avoir differentes représentations et tout devient sacré dans l'univers. Tout mérite vénération. Ce principe a conduit a certaines attitudes de base hindoues comme la tolérance culturelle et religieuse, la non-violence, ou encore le régime végétarien.

 

   
                     


Mais surtout les fideles, ce sont eux le cœur de cette spiritualité. Les gestes quotidiens sont faits de prieres, symboles, offrandes. J’ai limpression d’être dans un monde imaginaire… tout est dévotion et respect… une femme verse de l’eau sur le tront d’un arbre dans la rue, un enfant vient vous toucher les pieds, une vache se promene en plein milieu de la circulation en ville, un homme attache un porte bonheur à sa voiture…

Cela vous vous mets dans l’ambiance.

 

La principale religion pratiquée en Inde est l’hindouisme - 80% de la population. Cest la plus ancienne religion du monde et elle embrasse tout : n’importe qui, qu'il soit athée ou venant dune autre religion, peut trouver place en hindouisme.

 

La religion est considerée comme une expérience, une attitude d'esprit. S. Radhakrishnan, philosophe et homme d'État indien dira "La religion n'est pas une idée mais un pouvoir, pas une proposition intellectuelle mais une vie de conviction. La religion est la conscience d'une réalité ultime, non une théorie". Personnellement, je pense que toute religion est fiction, que ce n’est qu’une croyance qui permet aux gens de s’accrocher à la vie, de rêver, d’espérer. En ce sens, c’est une bonne chose, mais je n’adhère à aucune croyance, bien que je les respecte toutes. Par contre le fait de m’interresser d’un peu plus près à l’hindouisme et à ses valeurs fondamentales, j’ai découvert beaucoup de tolérance et de sens dans cette philosophie. Cela fait du bien et cela compense avec les images d’intégristes divers propagandés par les médias d’aujourd’hui. 


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Mercredi 21 novembre 2007

De retour d'un weekend sur les plages de Mora, un peu plus bas sur la côte indienne en dessous de Bombay, j’ai découvert la vie rurale, en communauté dans des petits villages, avec des gens tellement ouverts et accueillants… que ça m’en a fait perdre le nord !

 

Mora est une longue plage qui longe la côte, parsemée de forêts, de lopins de terre cultivés, de maisons individuelles ainsi que de petits villages.

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Nous avons campés dans une petite forêt à deux pas de la plage, pour s’échapper pendant un weekend de la fureur de la mégalopole de Bombay. Nous avions donc de quoi dormir (une tente), mais restait alors à se préoccuper comment on allait manger pendant ces deux jours. Nous nous sommes présentés vers un petit hameau de maisons, et nous avons rencontré Harish, sympathique indien d’une quarantaine d’années, qui vit ici avec son frère ainé et sa mère. Il a acheté ce terrain en face à la mer, y a construit sa maison, élève des chèvres et cultive des légumes… Instantanément, il nous a proposé de faire la cuisine pour nous pendant ces deux jours : il viendrait nous cherchait à notre tente quand les repas seraient prêts, et il fallait qu’on soit là à 4h, pour le thé de l’après-midi. Et c’est comme ça que l’on a élu domicile à la maison juste à côté de notre tente, le temps des repas quotidiens.

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L’hospitalité réinventée… On débarque et pour eux c’est normal qu’ils s’occupent de nous. Dans ses yeux, on voyait qu’il mettait tout son cœur à nous servir, comme si on était des membres de la famille. Ca fait tellement chaud au cœur de voir ça, surtout quand on sait qu’on ne parle pas la même langue… Le Marathi est la langue parlée dans le Maharastra, cela n’a trop rien à voir avec l’hindi, et les gens ici ne parlent que deux trois mots d’anglais, comme moi je parle marathi finalement !

 

Je pensais à la même situation que l’on aurait pu vivre en France, venir camper aux environs d’une maison, leur demander le couvert… je ne pense pas que l’on aurait été reçus comme ça, avec un naturel si généreux ! Les gens se seraient demandé d’où on venait comme ça, pour s’introduire dans la vie des autres. Même pour moi, je pense que c’est un réflexe que je n’aurais pas forcément eu, proposer à des inconnus de les faire manger pendant deux jours. On est finalement formatés dans un certain moule. Qu’on le veuille où non on est individualistes. Et face à des situations comme ça, cela nous semble tellement beau de se voir offrir de telles choses… Cela m’a fait une fois de plus ouvrir les yeux : soyons humanistes, solidaires, généreux... soyons vrais !

 
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Plus tard dans le weekend, on perdra nos claquettes, déposées sur la plage à la tombée de la nuit pour se tremper les pieds dans la mer. Pas de problème, Harish nous donnera les siennes pour rentrer à Bombay, le village est pas loin et il s’en rachètera d’autres dans la semaine… Ca m’espentera encore un peu plus…

 

Une autre rencontre fabuleuse fut celle de Prematuella, jeune fille du village d’à côté, qui ramassait du bois avec ses copines dans la forêt juste à côté de notre tente. Comme nous avions besoin de bois nous aussi pour faire un feu pour la soirée qui arrivait, elle et ses copines m’ont pris dans la forêt pour que j’aille ramasser des branches avec elles. Nous essayons de communiquer, elles en marathi, moi en anglais, et c’est marrant car mine de rien on se comprend grâce aux gestes et à la communication non verbale. Prematuella voulait savoir si j’étais mariée, et si j’avais des enfants. Ah… pas tout à fait encore… Elle m’a ensuite mimé qu’elle se coiffait les cheveux, alors on est revenues près de la tente pour que j’attrape ma brosse à cheveux ! Je lui ai lissé les cheveux, et confectionné une coiffure que je n’ai pas l’habitude de voir en Inde, et que je fais moi-même parfois sur mes cheveux. Ils ont tous dit que c’était le french style J. Elle aussi ma fait une tresse africaine tout autour du front, et la tresse typique pour finir sur le bas des épaules. Elle m’a même donné son bindi (vignette autocollante que les indiennes revêtent sur le front).

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Bref, je m’étais faite une nouvelle amie, alors qu’on ne se comprenait pas vraiment, on a très vite connecté l’une avec l’autre. Prematuella est l’ainée d’une famille de sept enfants. Tous les jours elle va ramasser du bois. C’est une très belle fille et elle est rayonnante de joie, très dynamique. Même après une après-midi de dur labeur, où elle porte sur sa tête un panier rempli de bois qui doit peser au moins 15 à 20 kilos, elle est pleine d’énergie.

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Elle nous a invités à boire le thé chez elle. Nous sommes donc retournés au village avec elle et ses copines, avons marchés tout le long de la plage.

 

Arrivés chez elle, dans une petite maison au cœur d’un mignon petit village, elle nous a présenté sa mère, son père, et tous ses frères et sœurs. Tous étaient très beau, chacun à leur façon, avec des grands yeux noirs qui vous dévorent, et des sourires par lesquels on communique et qui remplacent finalement bien la parole. Prematuella m’a alors pris avec elle pour que je me lave, un seau d’eau, du savon, parfait pour se débarbouiller les mains, bras et visages après une séance de ramassage de bois. Toute cette scène au milieu de deux trois poules qui cocotent, d’un chat qui passent et de toutes les sœurs qui regardent si j’ai bien assez d’eau, au moins…

 

Là aussi l’hospitalité nous redonne une claque, alors que l’on vous sert du thé, rien qu’à vous, puisque cela ne ce fait pas de boire en même temps que ces invités, dans une petite maison où il n’y a qu’une seule pièce : un coin cuisine, un tapis pour s‘assoir, et un temple. Le temps d’ailleurs attirait notre attention, car il y avait deux photos encadrées avec deux petites frimousses d’un garçon et d’une fille d’à peu près 6-7 ans. On apprendra par la suite qu’il s’agit de deux enfants de la famille, qui sont allés se baigner l’année dernière, mais la mer était mauvaise et ils ne sont pas revenus. Quelle tristesse… et quand la maman nous dit ça, elle parait triste, bien sûr, mais on peut voir dans ses yeux un immense courage, comme si le fait de voir ses deux petits en photo sur le temple tous les matins, lui permettait de trouver l’inspiration pour son quotidien. On a beaucoup de choses à apprendre de ces gens là.  

 

Pendant ce temps, Prematuella était partie se poudrer le visage, se maquiller, se coiffer… et elle est revenue comme prête à aller au bal de l’année, toujours très vive et enthousiaste à propos de tout. Nous voulions prendre une photo de famille, mais ils n’ont pas voulu. Elle a préféré nous emmenés à son temple à l’orée du village, nous présenter les divinités qu’elle vénère tous les jours. C’était ce qui était important pour elle. Elle m’a donnée deux fleurs que j’ai pu déposer en offrandes, puis il fallait prendre des photos.

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Charmante rencontre Prematuella. Une douceur avec de l’énergie et du dynamisme à revendre.

 

 


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Mercredi 14 novembre 2007

Photo-178.jpgL'Ayurveda (आयुर्वेद sanskrit âyus : vie et veda : connaissance, science) ou « médecine ayurvédique » est une médecine indienne holistique qui puiserait ses sources dans les textes sacrés des Veda (environ - 5 000 ans av JC à - 1500 ans av JC) et dont les principes sont ceux de ce qu'on appelle aujourd'hui la « médecine naturelle». Une quantité inombrable de plantes, herbes, racines et autre flore sont utilisées sous forme de décoction, huile pour massage, aliment, condiment... pour soigner tous les maux de la Terre et avoir une bonne hygiène de vie. Le film Ayurveda, de Pan Nalin, est un documentaire passionnant si vous souhaitez en savoir plus.

 

Le Kérala (litéralement « Terre des cocotiers » est doté d'une nature à l'état sauvage. Par conséquent, c'est le lieu par excellence pour découvrir les pratiques de l'ayurvéda.


Nous avons rencontré Joy, qui nous a fait visité sa plantation ou sont cultivées des plantes ayurvédiques depuis plusieurs générations.

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Nous avons découvert des plantes étonnantes, pour soigner la fièvre, la constipation ou des maladies plus graves comme le diabète ou encore la leucémie. Joy nous a expliqué qu'ici l'avurveda est un art de vivre. Cela existe depuis la nuit des temps et litéralement, cela signifie « science de la vie ».

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Nous avons aussi expérimenté le massage ayurvédique:) Une heure de massage de la tête, du corps et du visage avec une huile contenant 25 plantes différentes, le tout réalisé par une masseuse indienne professionnelle. Effet relaxant et bienfaisant garanti.

 

Des moments comme cela me rappelle combien la nature est importante dans la vie. Elle est tellement riche et nous nous devons de la préserver. Cela m'a donné envie de m'interesser un peu plus aux vertus des plantes médicinales, et d'ajouter quelques pieds de curcuma, aloe vera ou gingembre près du basilic et du persil de mon futur jardin.

 

Je suis d'autant plus convaincue qu'un retour à la campagne sera bientôt nécessaire dans ma vie. Tant qu'on est jeunes, c'est génial d'explorer les grandes villes (Bombay est un bon exmple non?) et puis se retirer dans ma chère campagne pour profiter de cette mère nature dont on a tant a apprendre d'elle...


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Vendredi 9 novembre 2007
" Finalement, ce qui constitue l'ossature de l'existence, ce n'est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d'autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l'amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie a la mesure de notre faible coeur." Nicolas Bouvier, L'usage du monde.

Tout est dit.
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Voila l'emotion ressentie au milieu des montagnes de Munnar, plantations de the a perte de vue, petites routes pittoresques, odeur de cardamone et de jasmin et petit etal ou lon deguste un masala chai (the aux epices)...
Le decor est planté. 

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Trois collines entourent la petite ville de Munnar, chacune dotee de son lieu de culte. Sur un flanc de montagne, la mosquee, sur lautre l'eglise et sur la troisieme, le temple hindou. Quel bel exemple de tolerance et des respects des croyances.

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Vendredi 9 novembre 2007

Les relations de couple ont toujours été tabous en public. L'usage est de ne pas montrer les sentiments que l'on ressent pour l'autre, a l'extérieur de chez soi.

Mais la situation se démocratise. Sur les plages de Bombay par exemple, en fin de journée on retrouve des amants en train de se faire la cour, regards échangés, bras entrelacés, et peut être même un baiser... Les plus traditionnalistes dénoncent ce changement de société. Je lisais la semaine dernière, un article du Times of India, ou étaient retranscrits plusieurs témoignages destinés à  fermer un parc public de Bombay. "On y retrouve des jeunes couples qui, de par leur attitude, renient le respect dû aux autres individus de la société" ou encore "Je ne vais plus dans ce parc car je suis choqué de la proximite des jeunes couples et je ne veux pas que mes enfants voient cela". Etonnants ces points de vue, alors que l'Inde est quand meme célèbre pour son Kama Sutra...

A cote de cela, on peut tomber sur des situations attendrissantes. Je suis actuellement dans le Kerala (region du sud de l'Inde), pour 10 jours de pérégrinations, et j'ai rencontré Sumish et Sarayha, mes voisins de banquette lors de notre trajet Cochin-Munnar. Photo-132.jpg

6 h de bus nous ont permis de faire connaissance. Sarayha, belle indienne d'une trentaine d'années m'a presentée son "husband'", disait-elle avec des yeux malicieux. Plus tard dans le trajet, elle s'assoupira sur son epaule, puis sur ses genoux. Lui la retiendra par les épaules pour lui éviter de subir les secousses incessantes du véhicule transport en commun :)

Je me suis apercue que Sarayha avait une bague en or gravée. je la complimente sur ce beau bijou, et elle me montre que la gravure est en fait le prénom de son mari. Sooo sswwwweeeeettttt!  Sumish me montrera aussi la sienne, gravée avec le nom de sa dulcinée. Il m'expliquera qu'il s'agit là de leur cadeau de mariage. Décidement ces indiens, ils sont trop mignons...


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Samedi 3 novembre 2007
Il y a quelques jours, Marie laissait un commentaire sur ce blog : « J'aimerais beaucoup découvrir l'Inde ! Ca al'air d'être un pays magnifique, où les gens sont vraiment gentils »


Où qu'on aille sur terre, on peut trouver des gens adorables, suffit de tomber au bon moment, au bon endroit, avec la bonne personne. Mais alors, qu'est-ce qu'il fait que l'on trouve un pays acuueillant? Qu'est-ce qu'il fait qu'on apprécie les relations créées avec des inconnus?


En Inde, chaque regard croisé est intense. J'ai du mal à expliquer cela. Des yeux noirs, profonds, un sourire spontané et vrai... ces moments sont forts pour nous européens, qui venont d'une culture de plus en plus tourné vers l'individualisme. En France, on a pris le reflexe de détourner le regard plutôt que d'échanger de tels moments de simplicité, si intenses. Ici, on redécouvre le rapport humain.


Il y a aussi le fait que l'on soit occidentaux qui attire les regards. Ici la peau blanche est un canon de beauté et l'occidental attire. Je marche seule, dans la rue, et à chaque moment, je sens nombre de regards se porter sur moi... Au début c'est une sensation bizarre, je me suis sentie génée. Et puis, bon, finalement, ses regards sont tellement vrais, plein d'humanités. Les gens ont rien et vous donne tout. Juste un regard, un sourire, et c'est un moment cher qui vous dit que vous commencer bien la journée. Parfois, c'est tellement hallucinant, quand une dizaine de personnes vous fixe longuement... Je leur renvoie un sourire, accompagné du Namaste quotidien, et certains sont tellement contents, ça fait palisir à voir et vous donne du baume au coeur pour toute la journée.


Car entre eux, les indiens souffrent parfois de considération. Fin, souffrir n'est pas être pas le mot. Ce que je veux dire ici, c'est qu'ils ont une façon différente de traiter les gens, selon leur place dans la société. Le système des castes est théoriquement aboli, mais... Suffit de voir avec quel dénit un serveur dans un restaurant va ordonner à son collège de laver la table sur laquelle on vient de s'installer... Celui ci est en charge d'une tache « moins digne » que lui, et il le traite comme un chien. Cela me fait vraiment mal au coeur de voir de telles situations.


Une copine à moi était invitée chez des étudiants indiens pour manger, et lorsqu'elle remerciait le cuisinier pour le repas (excellent soit dit en passant, et cuisiné à 3h du matin selon les envies de ces étudiants), ils lui dirent que cela ne servait à rien de le remercier, qu'il était la pour ça, que c'était son travail. Quelle tristesse...


La totalité des indiens ne sont pas comme ça, bien sûr, j'en connais des humanistes et sensibles, mais généralement on ressent ce manque deconsidération presque partout où que l'on aille.


A côté de cela, je n'ai jamais vu un pays où tant de gens sont heureux de vous renseigner, de vous aider, de vous faire découvrir un bout de leur vie... Chaque fois que je remercie quelqu'un, j'ai droit à un « tu es mon invitée dans ce pays, je me dois de te le faire découvrir » , «  c 'est normal » ou encore «  si tu as besoin de n'importe quoi, surtout, n'hésites pas! ».


Quelqu'un qui vous était encore inconnu 5 minutes avant découvre que vous êtes étudiante à Bombay et que vous allez voyager pour découvrir l'Inde : il vous invite chez sa soeur à Bangalore, chez lui à Jaipur... Quoi de plus normal? ils vous diront. Pour nous, c'est simplement hallucinant... Cela fait prendre conscience de beaucoup de choses...


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