Pourquoi ce blog??

Me voila partie pour un semestre d'études à Bombay. Mon objectif: découvrir la culture indienne, qui s'annonce très différente de la mienne.

Dans ce blog, je retranscrit mes expériences, mes réactions, mes avis, à propos de mes découvertes indiennes.

Vous rêveZ de connaître un mieux ce pays fascinant? Alors suivez mes aventures! Plus qu'un simple récit, je vous prends à témoin. Venez réagir sur le réalités culturelles de l'Inde.

Notre manière d'appréhender le monde est-elle la seule alternative?

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Mardi 30 octobre 2007
Voici des interrogations proposées par mon frère dans son dernier mail, qui me semblent intéressantes. Je vais essayer d'y répondre en me basant sur mes propres perceptions de l'Inde, mais je vous invite, chers lecteurs, à réagir, à donner votre point de vue si vous connaissez l'Inde d'une façon ou d'une autre. N'hésitez pas, voici le débat lancé :

 

« Ya til dé trucs comme chez nous ?  si oui koi et es que c chiant ou c'est rassurant?
Exemple le coca cola ou la musique américaine
Ques qui fé que c tan un décalage ac nos pays? le fait que tout soit
différents ou simplement un mode de fonctionnement inverse?
Sa seré bien que tu m'esplique sa »

 

J'arrive dans un nouveau pays, avec une culture différente, et bien sur mes yeux focusent sur tout ce qui est différent... C'est vrai que dans tout carnet de voyage, récit culturel ou témoignage de l'étranger, le narrateur centre son sujet sur le différent, l'exotique, l'insensé... Mais finalement, beaucoup de choses sont similaires :

 

  • Tout d'abord, bien sûr il y a les choses matérielles : on retrouve ici des produits/marques/entreprises occidentaux(ales). Globalisation oblige. Mc Donalds propose des Veg Burgers (beaucoup d'indiens sont végétariens), Costa cofee propose des cappuccinos italiens, KFC est là aussi... Niveau musique on peut aussi entendre Sakira, Beyonce, mais aussi des morceaux nettement mieux. L'autre jour dans le bus, un étudiant de mon école écoutait du Pink Floyd à fond!

 

  •  

  • En tant qu'étudiante dans une des meilleures business school indienne, il est vrai que je suis exposée à ce coté occidental. Les étudiants font partis des riches familles indiennes (les frais de scolarité pour un indien sont équivalents à 7000€ par an, alors que le salaire moyen est de 17€/mois). Donc, il y a des fois un décalage entre la jeunesse dorée qui veut me montrer comment l'Inde est moderne et occidentalisée, et moi qui aspire à découvrir les choses autenthiques de l'Inde... Alors on fait des concessions: la semaine dernière, j'ai été boire un café avec deux indiens de ma classe. D'accord c'était un cappuccino dans une chaine de café occidental (alors que je préfère cent fois l'excellent verre de chai, comprenez thé local épicé, vendu au coin de la rue), mais je les ai convaincu d'y aller à pied et non en rickshaw, c'est à dire de prendre le temps de voir tout ce qui se passe dans la rue, la vraie vie indienne. 15 minutes à pied, quand même, c'est agréable non?

     

  • Je pense que l'occidentalisation constitue en une certaine mesure, une menace pour la culture traditionnelle du pays. On observe aussi beaucoup de scandales (comme dans d'autres pays émergents ou en developement) par apport à des grandes compagnies qui abusent de la situation. Voici l'exemple de Coca-cola, extrait de l'encyclopédie wikipédia « Coca-Cola est interdit d'importation en Inde en 1970 pour avoir refusé de livrer la liste de ses composants. En 1993, l'interdiction est levée, Pepsi arrivant sur le marché peu après. Une enquête menée par le Centre pour la Science et l'Environnement (CSE), laboratoire indépendant de New Delhi, montre que ces boissons, comme plusieurs marques d'eau en bouteilles fabriquées pour certaines par Coca Cola ou Pepsi, contenaient des résidus de pesticides dangereux, avec une dose 36 fois supérieure à la norme européenne pour Pepsi, et 30 fois supérieure pour Coca-Cola. La présence de ces produits pourrait provoquer des cancers, atteindre les systèmes nerveux et immunitaire et causer des malformations chez les nouveaux-nés. Aucune loi n'interdisait la présence de pesticides dans les boissons en Inde jusqu'à ce jour.Pour la CSE, ces résidus proviennent de l'eau extraite des nappes phréatiques par les usines. La pollution des nappes étant quant à elle causée par l'épandage de pesticides dans les champs environnants. [...] Suite à ces nouvelles, et fort de la contre-publicité faite aux embouteilleurs par ces ONG, de nombreux Indiens ont brûlé des bouteilles de soda de ces deux marques dans les rues. Le gouvernement a demandé une étude comparée avec les bouteilles de ce soda à destination du marché des États-Unis. » Bref, autant dire que des histoires comme ça font froid dans le dos, et qu'on est content de se voir proposer le coca local « Thums up ».

 

  • Les similitudes avec notre culture se retrouvent aussi avec le contact humain. Partout qu'on aille dans le monde, on trouve toujours des personnes qui ont les mêmes valeurs que soi. Ici plus qu'ailleurs, j'ai rencontré des gens avec qui je me sens sans aucun doute beaucoup plus proche que certains français. Ce n'est pas la culture, ce n'est pas le milieu, ce n'est pas la langue, c'est tout simplement les mêmes aspirations dans le vie, la même vision des choses, la même apréciation des instants de vie. Et ça fait plaisir.

 

  • Alors oui, les similitudes, il y en a beaucoup, mais c'est aussi sur les choses nouvelles que je s'appuit pour faire de mon expérience, un apprentissage permanent. Ces similitudes sont parfois pénibles, elles peuvent, par automatisme, empecher de découvrir les particularités culturelles. Mais elles sont aussi reconfortantes, et même épanouissantes, lorsque que finalement, on s'aperçoit que deux êtres qu'à priori tout s'éparent, sont finalement très proches. L'humanité est une.

 

 

La deuxième interrogation porte sur la différence entre ces deux mondes que sont l'Inde, et la France (plus généralement l'Europe) Qu'est ce qu'il fait qu'il y a un décalage?

 

  • Tout d'abord, je dirai que n'importe quelle situation n'est pas appréhendée de la même façon en Inde, qu'en Europe. Tout ce qui me semble évident, que j'ai intégré depuis ma plus tendre enfance.... ici, le contraire est évident. Pourquoi avoir un code de la route? Les conducteurs s'organisent très bien tout seuls... Pourquoi attendre d'un service qu'il soit réactif? Nous avons tout le temps... Pourquoi ne pas aller au fond des choses en conceptualisant la moindre situation? Ici, on part de la situation concrète qui se présent, et on imagine une solution. L'ouvrage « Le défi Indien » de Pavan K Varma désigne ce phénomène comme « l'improvisation créatrice ». Cela n'a rien à voir avec notre manière à nous occidentaux, de fonctionner. La logique est différente. Ils fonctionnent à l'inductive, plutôt qu'au déductif.

  • Un autre exemple est le rapport des indiens avec la moralité. Ici, les notions de bien ou de mal n'existent pas. Le bien est mesuré par le degré d'efficacité. C'est bien si on arrive à ses fins, c'est mal si on n'a pas atteins son but. Le Défi Indien insiste sur le fait que la réussite et la reconnaissance est « plus est lié à l'efficacité, qu'à des notions de absolues de moralité». L'ancien premier ministre, Vajpayee, va plus loin en réalisant le « déficit éthique » des indiens. « leur priorité est la survie, pas le salut ».

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  • Finalement, on entend souvent parler du choc de l'Inde. « L'Inde prive tout visiteur de sa souverainneté, de ses repères... » Lonely Planet 1998. « Trop différent du notre, l'univers symbolique dans lequel nous baignons en Inde, sape les soubassements de notre identité et bouleverse totalement nos repères. Tout européen est soumis à un balancement sans limite du réel à l'imaginaire. Mais ce vertige n'est-il pas précisement ce que l'on vient chercher? » Cette vision exprimée par Regis Airault, psychiatre francais au consulat de France à Bombay, ne fait que revéler ce que je ressens vraiment.

     

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  • J'étais persuadée que, tellement j'avais révée l'Inde, je ne pouvais pas être déçue. Mais il est vrai que l'on a beau se documenter, lire tout ce qui nous passe sous la main en ce qui concerne ce pays mystérieux... on est obligatoirement surpris par le monde que l'on découvre en Inde. Personne ne peut imaginer sans l'avoir vu, vécu. L'Inde ne se raconte pas, elle se vit!


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Mardi 23 octobre 2007

Après près de trois semaines sur Bombay, mégalopole hors-norme, l'aveyronnaise que je suis, aspire à un peu d'air frais, et s'offre un retour aux sources : un week-end dans la campagne indienne. Et quelle campagne!

Direction l'état de Goa, 600 km au sud de Bombay. Ancien comptoir portugais, Goa a gardé beaucoup de traces de ce passé latin. C'est une autre Inde que je découvre ici.

Première aventure : le train. 13h de de train couchete qui, dans les guides touristiques, sont annoncées comme un expérience à ne pas manquer. Plein de vie, les compartiments se changent tantôt en dortoirs, en salle à manger, en salon pour discuter, en salle de jeu pour enfants...Toute une société qui s'organise. Malgré ce que les mauvaises langues nous avait contées, nous avons bien dormi et (presque) pas croisé le chemin des cafards.

Arrivée à Karmali. Nous découvrons que seuls les rickshaws de Bombay sont d'accord pour mettre leur metter (pour calculer le prix juste de la course) et que nos petites têtes d'occidentaux sont parfois des "proies faciles" pour les locaux. Bienvenue dans un monde on l'on négocie qu'on on respire. Des fois ça marche, des fois moins. Nous visiterons Old Goa et son héritage chrétien très marqué. Il ne reste environ que 15% de chrétien dans cet état, mais les églises sont nombreuses et ont un petit côté latin très charmant. Cela me semble moins "exotique" que les temples hindous, jains, ou les mosquées,qui sont plus éloignés de ma culture, et feront très certainement l'objet d'un post à venir.

Le soir, escale à Panjim, où les couleurs, l'atmosphère, les gens, ne cesseront d'éveiller mon regard. z--26--copie-1.jpgz--48--copie-1.jpg

Et enfin, Goa, c'est... les plages. Célèbres dans le nord pour les raves parties organisées par des occidentaux soixantuitards établis ici, le sud est plus paisible mais n'en est pas pour le moins paradisiaque. En atteste les photos.
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Mais ici le lieu est quand même très touristique. Des touristes indiens, mais aussi des touristes occidentaux (plus facilement repérable). Alors qu'à Bombay, une tête blanche apperçue aux détours d'une rue se remarque : on n'en voit pas tout les jours, surtout dans le quartier où je vis, dans le nord de Bombay. Ici, c'est à peu près moitié moitié et dans certains restaurants, le soir, je me suis sentie comme une touriste parmi tant d'autres. Litéralement, c'est ce que je suis. Mais j'ai du mal à l'admettre, compte tenu que je suis résidente à Bombay, et ayant une soif de découverte de la culture locale toujours plus accrue.

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Le tourisme ici fait vivre beaucoup de gens. J'ai rencontré Adji, qui nous a fait faire un tout sur sa pirogue au milieu des mangroves.Il est pêcheur la nuit, et la journée, il amène les touristes découvrir les environs sur sa pirogue. Voila son métier indien. Car il nous apprendra plus tard qu'il n'est en Inde que 6 mois par an. Les autres 6 mois de l'année, il va à Rome, où il est gardien d'immeuble pendant 3 mois, et quand la saison touristique commence,il devient guide sur un bateau italien. Entre terre et mer, il dit qu'il aime bien les touristes. Il dit que Rome est belle. Je lui réponds que Goa n'est pas mal non plus:)

Dépaysant, voilà une autre entrevue de ce que l'Inde offre... Presque totalement différent de ce que je connaissais jusqu'à présent. J'ai l'impression que c'est ça, l'Inde, une multitude de mondes différents réunis autour d'une démocratie. Mes pérégrinations à venir vont être d'autant plus intéressantes...


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Mardi 16 octobre 2007

Dans le contexte d'aujourd'hui que l'on appelle Mondialisation, Gloabilisation, ou encore Standardisation, étudier dans une école de commerce devrait être à priori une expérience similaire dans quelque coin du monde où vous vous trouver. 

Détrompez vous! A Bombay, toutes mes habitudes d'organisation, de logique, d'apprentissage, de règles établies.... tout cela est bouleversé. 

Je commence d'abord par l'organisation. J'avais choisi mes cours avant d'arriver à Narsee Monjee (l'école où je suis): 7 matières au sein de la liste des cours dispensés à l'école. En arrivant sur place, j'apprenais que 28 des cours programmés ne serait pas donnés, et je devais refaire l'ensemble de mes choix de cours. Cela semblait normal pour tout le monde, pourquoi ne le serait-ce pas pour moi? La gestion d'une Business School se gère au quotidien. J'arrive en cours, "ah... ce cours vient d'être annulé, on ne te l'as pas dit?". Je vais voir la salle de mon cours suivant sur le tableau d'affichage, mais il faut aussi vérifier auprès du gardien de la feuille des salles, car cela change très souvent. Et puis, même si on ne se retrouve qu'à 3 malheureux français dans une salle vide.... et bien on demande à tous les interlocuteurs que l'on croise, et on finit bien par trouver la salle en question, c'est le principal ! C'est une aventure à elle toute seule, une journée de cours à Bombay!

L'attitude des étudiants indiens est aussi surprenante au début, pour nous européeens : Ici, il parait indispensable d'exprimer son point de vue sur le contenu du cours. Alors qu'en France le professeur désespère de voir une main se lever pour répondre à la question posée, ici chacun veut répondre, et d'ailleurs, ce n'est pas le formateur qui pose des questions, mais les élèves eux mêmes. Ils interagissent ensemble, forme un débat géant sur les questions de cours... Ils sont tellement passionnés, que, chacun coupe la parole à l'autre, s'exprime avec ferveur, un autre reprends le sujet... Le prof n'est alors que le médiateur. Il est vrai que c'est une façon très intéressante de travailler, mais comprenez que nous ayons un temps d'adaptation, alors que cela fait 20 ans que nous prenons tranquillement des notes, passifs, assis à notre bureau...

Alors que généralement en France, le cours commence avec un exposé théorique, puis une application concrète qui nous amène à réagir sur une situation donnée, ici tout est conceptualisé. On part d'une situation concrète, étude de cas d'une entreprise, et on décortique le moindre détail de la stratégie qui a été employée. Tout cela est très académique et, à mon avis, très loin de la réalité de l'entreprise. Les étudiants developpent ainsi des qualités d'analyse surdimensionnées... (et c'est même impressionnant parfois). Mais nous sommes dans un environnement changeant. En entreprise, on ne peut se permettre d'appliquer une théorie que l'on a aprris dans les livres : chaque situation est unique. Je pense que l'apprentissage dans une école de commerce consiste à savoir penser à toutes les variables pour analyser une problématique concrète. Autrement dit, se poser les bonnes questions. Les réponses, elles, évoluent dans le temps. 

Bref, tout cela pour vous dire que j'ai l'impression d'être à la fac, d'étudier des concepts très évolués et détaillés (ce qui est loin d'être inintéressant d'ailleurs) mais cela me fait vraiment réaliser la valeur ajoutée des stages en entreprises que nous réalisons, du fait d'avoir des professeurs issus du milieu de l'entreprise... 

Et qui sait, peut être que je vais m'y mettre moi aussi? A particper tout le temps en cours, pour souligner par exemple que "ben non, les attentes du consommateur ne se résument pas qu'à leur dernière expérience dans le domaine, ou à ce qui ont vu chez la concurrence, mais que, inconstestablement, les besoins latents, le role des nouvelles technologies et la compétition indirecte sont des points cruciaux à prendre en compte" (Traduction effectuée à partir de l'intervention d'une étudiante dans mon cours de ce matin, Services Marketing). Lol, tout cela me semble tellement naturel et inconscient lorsque je travaille au quotidien dans mon entreprise en Marketing.
 

Et vous, qui avez dejà effectué des études / enseigner à l'étranger, loin de vos habitudes culturelles, avez vous ressenti ces différences dans l'apprentissage, la façon d'appréhender les études, le quotidien de l'éducation ? A vos témoignages, les anectodes sont les bienvenues...


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Samedi 13 octobre 2007

Aujourd'hui, c'est la fin du ramadan, on célèbre le fait qu'avoir réussir le jeûne pendant 30 jours, de s'être comme purifié, en ayant rien porter à sa bouche du lever au coucher du soleil (nourriture, boisson, baiser...), et souvent aussi avec l'arret total de la consommation d'alcool et de cigarette. Si peux que le musulman se soit mis à faire du sport pendant cette période, c'est un total changement d'hygiène de vie. La semaine qui précède la fin du jeûne, on sent déjà l'effervescence dans les rues, tout le monde achète de nouvelles choses, comme pour renaître. De nouveaux habits, des provisions pour pouvoir préparer les prochains repas que l'on pourra, cette fois, apprécier en journée, avec toute la famille, et les amis. 


De nombreuses manisfestations ont lieu dans la ville, et j'ai été assister à une d'elle, un concert organisé par le Times of India. Imaginez le décor : cela a eu lieu près du fort de Bandra, quartier commerçant de Bombay, forteresse en pierre rouge, le chemin pour arriver jusqu'à l'amphithéatre en plein air était éclairé d'illuminations comme on peut voir dans nos rues françaises lors des périodes de Noël, bordé de palmiers, des jennes vous souhaitent la bienvenue en vous « bénissant » avec de l'eau de rose... bref, le décor de rêve. Nous nous asseyons sur les paillasses en bambou disposé sur les marches de l'amphitéâtre. Petit à petit les gens arrivent, des indiens de tout age viennent écouter cette musique traditionnelle suki, qui l'on me dit se situe entre poésie, musique et philosophie. Beaucoup de femmes sont en saris ou en kurtas, il y a des couleurs vives dans tous les sens. Il est 18h30, et le soleil commence à se coucher, les palmiers prennent alors des couleurs orangés, j'ai l'impression d'être dans un rêve... Les musiciens commencent à se mettre en place, assis en tailleur sur l'estrade. Ils portent les tenues traditionnelles, longues robes blanches et couvre-chef brillant. 13 hommes et une femme pour le premier groupe. Il s'agit de Ehsaan Bharti Ghunghroo Wale et sa troupe, venus de Delhi. 

La musique est recherche de sons qui s'intensifient petit à petit, les voies accompagnant tout cela, pour finir en explosion, euphorie qui amène tout un chacun à se laisser porter. J'ai vu à l'heure de brillants musiciens à l'harmonium. Harmonium est un mot hindi, m'expliquent les amis indiens avec qui je suis venus. On dit aussi harmonium en anglais, et de même en français, on emploie le même mot. Finalement, c'est pareil pour la guitare, la derbouka... Nous en concluons que les instruments acoustiques sont universels, et c'est aussi ce que je ressens après cette soirée. J'ai tellement aprécié cemoment musical, sans comprendre un seul des refrains antonnés par les chanteurs... Mes voisins m'ont bien sûr fait une traduction générale: toutes les chansons parlent d'amour, de bonheur, de spiritualité, de dieu, et incluent à chaque fois un nombre égal de musulmans et d'hindous dans les péripéties. On retrouve cela souvent en Inde, dans les médias, dans les films, dans la musique. L'égalité entre les différentes communautés. L'histoire a montré qu'il y a eu des émeutes sanglantes entre musulmans et hindous (citons par exemple celles de 1993) et aujourd'hui tout est fait pour une intégration des deux peuples dans le même pays, l'Inde, même si la partition du Pakistan a permis aux plus radicals d'y trouver leur compte. Cette histoire n'est pas simple. Mais je trouve remarquable ce souci permanent d'égalité, dans les représentations faites au peuple. 


Le jeu des musiciens est remarquable, entre poésie contée, solos et musique d'accompagnement, le leader se prète à un jeu vocal assez impressionnant : avec sa voix, il imite le bruit du tintillement des grelots dont les danseuses indiennes ont pour habitude d'orner leurs chevilles. Tchi tchi tttttttcchi. Les variations sont impressionnantes. Cet exercice provoque des foules d'applaudissements dans l'asemblée d'une ou deux centaines de personnes que nous représentons. Certains vont même jusqu'à déposer des pourboires aux musiciens en s'avançant jusqu'au milieu de la scène, pour mieux remercier les artistes. 

Le deuxième groupe sera plus restreint, neuf musiciens quand même. Fareed Sabri Jaipuri vient du Pakistan, et la musique est une histoire de famille. Sur le scène il y a son père et lui, se lançant comme des challenges musicaux. Ce style est plus rythmé. Beaucoup de percussions, et notamment un énorme indien qui se défoule sur sa derbouka, au fond. Le fils de Fareed est aussi sur scène, mais apparemment il n'a pas acquis assez d'expérience pour pouvoir défier ses collègues. Il fait alors partis des coeurs. Il apprends en participant à ces moments pour unjour reprendre le flambeau du leadership familial. En tant que fervante amatrice de world music, j'ai beaucoup apprécié cemoment de découverte de la musique indienne en live. Nous avons continué la soirée dans un petit restaurant,autour de plats indiens que tout le monde partagaient, d'un butter milk (lait boulli avec du beurre et des épices, très gouttu!). 

Bientôt notre petit groupe de quatre s'est tranformé en 6 ou 7 et nous avons fini la soirée autour d'un pack de bières sur le bord de mer. Malgrè les différences culturelles, de vécu, ou d'environnement, tous les jeunes de la planète partagent la même passion : partager de bons moments entre amis, autour d'un concert, d'un restau ou d'une bière. Cela nous rapprochent tous.


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Lundi 8 octobre 2007

Message posté par Alex : 

"Pour faire suite à tes impressions sur la lourdeur administrative en Inde voici mon commentaire.
Comme toi j'ai trouvé parfois le temps long en Inde. Au bout de quelques semaines en Inde j'en avais parfois marre de passer 10 minutes à négocier le prix d'un trajet en rickshaw. On a souvent du mal à se détacher de notre impatience occidentale.
J'ai trouvé qu'en Inde la patience fait partie du protocole. Je me souviens d'un passage infiniment long dans une boutique pour faire développer les photos de notre mission huimanitaire. J'ai l'impression qu'ils étaient heureux de recevoir des étrangers et ils nous ont offert un traitement de faveur. Ils se sont spécialement occupés de nous pendant une heure. Heureusement nous n'étions pas pressés. Pour finir, notre patience fut récompensées car nous nous sommes fait inviter à une cérémonie de mariage dont l'équipe du magasin était chargée de monter le film et l'album.
Morale : Ne jamais être pressé en Inde et savoir profiter de chaque rencontre car on ne sait jamais où cela peut nous mener ! "

C'est super, ce blog commence à être une sorte d'interactions entre voyageurs qui ont vécu des expériences similaires. Merci à toi Alex pour avoir donné ton point de vue. Je pense que tu as tout à fait raison. Finalement l'attente, le déboussolement, l'impatience auquels on est confronté face à ce genre de situations bureaucratiques ou procédurièrès indiennes, n'est finalement qu'un moyen de nous montrer à nous, occidentaux, les choses essentielles de la vie.

Prendre du temps pour développer des photos, parler avec son ou ses interlocuteurs, découvrir un peu de leur quotidien, de leur vie... c'est ça aussi l'attente.

 

En France, un service est effectué le plus rapidement possible, le mieux possible, pour satisfaire le client. De ce fait, la société devient très individualiste. Un client veut faire développer ses photos, il donne sa carte mémoire, et 5 minutes après il repart avec ses photos développées... Aucun contact, aucun lien n'est créé. Si peu que le commerçant se soit levé du mauvais pied, et vous commençez vous aussi la journée en ralant...


Le sens du relationnel est appréhendé différemment en Inde. Plusieurs exemples me viennent à l'esprit : 

Tout d'abord le concept du rickshaw. Bombay est une ville de plus de 400 km2 de supercifie, soit plus de 4 fois plus que Paris intra muros, et ici il y a bien des artères principales, des noms de rues... mais la majorité des adresses sont indiquées par les infrastructures qui sont au alentours. Ici, j'habite à l'immeuble Fiorello, dans la résidence Nahar Amrit Shakshi, près du studio de cinéma Chandivali, derrière Mehind Colony, à Bombay. Comment s'y retrouver? Les rickshaws connaissent en fait le nom des principaux quartiers de Bombay, vous conduisent là, et puis demandent à n'importe quel passant du coin où est le lieu précis que l'on recherche... Parfois, le conducteur du rickshaw s'arrête trois, quatre fois... Et tout le temps les gens répondent avec plaisir, certains se battent même pour orienter les ames perdues que nous sommes... Ils sont toujours prêts à rendre service, vous souhaite une bonne journée, le traditionnel « take care » que j'employais avant que pour mes proches et amis (= prenez soin de vous) sort ici de la bouche d'un inconnu. Bref, tout le monde est d'une gentillesse effroyable. Cela m'a bleufée au début. Imaginer en France, un taxi qui s'arrete pour demander sa route aux passants...
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Je pense aussi qu'en temps qu'occidental nous jouissont d'une caractéristique particulière. Car oui, en Inde, un occidental, ça se remarque. Un blanc au milieu de tous ces indiens. Et je ne sais vraiment pourquoi mais pour les indiens tout occidental est attractif et digne d'intérêt. On se sent en permanence observé, suivi des yeux... certains nous prennent même en photo en cachette, c'est fou! J'esquise simplement un sourire en repensant au nombre des gens qui m'ont souhaité : Welcome in India! Ca fait tellement plaisir, de la part d'inconnus, parfois de gens qui n'ont rien, qui sont dans la misère, ou de vieux sages qui inspirent toujours le respect... Le bonheur dans leurs yeux, dans leurs coeurs... C'est ça qu'il veulent partager! Imaginez vous en France votre photographe qui vous invite au mariage dont il fait les photos. Vous trouveriez ça louche, non? C'est pourtant ce qui est arrivé à Alex en Inde. Ici tout le monde veut partager les bons moments.

Un autre exemple frappant. J'ai rencontré un indien de Bombay avant mon départ. Je m'étais inscrite à une newletter pour être au courant des trekings organisés à Bombay et dans les environs, et Murtaza m'a adressé un message, me proposant de faire connaissance, moi étant intéressée par l'Inde, et lui par la France. Nous avons échangé nos adresses msn, et souvent discuté avant mon arrivée en Inde. Je l'ai rencontré physiquement pour la première fois vendredi dernier, et il m'a fait découvrir un quartier musulman de Bombay, où il y avait la fête dans toutes les rues (fin du Ramaddan oblige). C'est une culture que je ne connais presque pas, mais il m'a dit, « Ca peut être une bonne expérience pour toi ». J'ai beaucoup aprécié de prendre part à ce bout de vie réelle à l'indienne. Comment découvrir au mieux la culture d'un pays? Avec les locaux. Mais quand ceux ci vous permette de vous inciser au coeur du quotidien de la ville, c'est fabuleux...


Au début je me méfiais un peu, partir je ne sais où dans Bombay avec quelqu'un que je ne connais pas... Mais je suis quelqu'un d'ordinairement naîve, et j'adore me lancer à l'aventure sans penser au pire. Pourquoi le pire? Nous sommes habitués à penser au pire en tant qu'occidental. Il veut m'inviter à passer une soirée avec lui? Mais qu'est-ce qu'il y a derrière? Il veut m'inviter au mariage dont il fait les photos, mais pouquoi fait-il ça? Tout simplement parce que c'est naturel de faire découvrir sa vie, sa culture à un autre. Cela s'appelle le partage. J'aprécie vraiment d'avoir pu m'apercevoir de ça, et je pense qu'à mon retour, je changerai d'attitude face à un étranger qui sera en France. Je regrette par exemple de ne pas avoir fait découvrir l'Aveyron à trois belges qui étaient sur Rodez l'année dernière, à la CCI. Peut être ils auraient aimé aller se balader à Salles la Source, manger un aligot, ou simplement qu'on passe un peu de temps ensemble..


En Inde, on réapprends le sens de l'accueil, du relationnel, du sourire... et ça fait du bien!


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Dimanche 7 octobre 2007

Voilà un peu plus d'une semaine que je suis en Inde, et chaque jour qui passe j'accumule des exemples à pour ce sujet, sur lequel je me décide enfin à faire une note : le principe des procédures.

Ici, la moindre démarche rentre dans un processus long, périeux et ponctué de nombreux intermédiaires. Une des raisons que j'ai trouvé est sans doute que, dans un pays qui compte plus d'1 milliard d'habitants, il faut trouver du travail pour un maximum de personnes. Alors la moindre tache est effectuée par un individu différent. Ainsi, par exmple, les familles indiennes riches qui décident d'employer une femme de ménage n'en embauche pas une mais 4 ou 5 : Une s'occupera de laver le sol, l'eutre de la salle de bains, une autre lavera le linge, une autre encore le repassera... Le moindre travail justifie un salaire en Inde, moindre certes, mais un salaire tout de même, qui permet de survivre. Ainsi, il y a partout des gens chargés d'ouvrir des portes toutes les journées, de porter vos achats lorsque vous faites votre marché, de vous servir de l'eau au restaurant... Je ma sens souvent mal à l'aise quand toutes ces petites choses sont faites pour moi, alors que je pourrais très bien m'en occuper. Il y a même un serveur qui vous accompagne jusqu'au toilettes dans certains restaurants!

On observe ici une segmentation du travail que je qualifierai même d'impressionnante. J'ai été confrontée à cette réalité dès le premier jour de mon arrivée, lorsque je me suis occupée de remplir toutes les formalités administratives à NMIMS, l'école où je suis : Créer un carte d'identification (indispensable pour rentrer à l'intérieur de l'école) requiert multiples péripéties. Tout d'abord, remplir un formulaire. J'ai améné ce formulaire au bureau indiqué de la bibliothèque. Mais il n'y avait pas qu'un seul interlocuteur au bureau, mais 5 ou 6 indiens qui travaillaient à ce comptoir. On me dit d'attendre 5 minutes le responsable des catres d'identification. 20 minutes plus tard, il arrive enfin et après quelques manipulations derrière son ordinateur, il me fournit un imprimé attestant que sa tâche est bien accomplie. Il m'informe que je doisme rendre au bureau Accounting Desk, pour payer la caution de la carte. Une fois ce bureau trouvé, la dame qui s'occupe de moi me prévient que je ne suis pas rentrée dans le système infrmatique, qu'elle va réparer cela, mais que cela prendra quelques minutes. Elle part à un autre bureau et revient un quart d'heure plus tard, avec son attestation de fin de mission qu'elle me transmet : elle a effectué sa part de boulo. Une autre femme me prendra mes photos d'identité, me remettra elle aussi, une attestation et me voilà repartie pour le bureau de la bibliothèque, où je transmet tous ces documents. L'homme chargé d'éditer les cartes n'est pas là. "Ah, si! Le voilà, il arrive!" Une chance. Après qu'il est rentré toutes les informations des différentes attestations dans son ordinateur, imprimé ma carte, collé ma photo et mon code barre correspondant, il plastifiera la carte, découpera soigneusement les bords en arrondis,  ira chercher un porte carte et un collier pour l'accrocher et... j'aurais enfin ma carte! 3 heures après le début de mes démarches! Mais 3 heures c'est peu, certains de mes collègues français ont mis deux jours pour avoir la précieuse carte.

Tout est plus long en Inde. Et chacun peut l'appréhender à sa manière. Pour ma part, cela m'amusait plus qu'autre chose, j'observait tout ce fourmillement de travail, discutaits avec d'autres indiens qui attendaient aussi... Chacun l'appréhende à sa manière. Mais je pense que cela peut s'avérer difficile à vivre lorsque les enjeux sont plus importants, qu'il ne s'agit pas d'une simple carte d'étudiant par exemple... Suketa, dans son livre "Maximum City" nous raconte chaque jour, les nouvelles petites crises qu'il subit, et atteste que "toutes ces contrariétés cumulées peuvent transformer le plus pacifique des hommes, surtout s'il vient d'un pays où les choses marchent mieux."

Vous, voyageurs qui êtes déjà aller en Inde, avez vous ressentis cette lourdear administrative? Comment avez-vous réagis? Appel aux témoignages dans les commentaires...

C'est ainsi que 5 jours après avoir manifesté notre désir de changer de logement, Noélie et moi venont juste d'avoir l'autorisation d'intégrer le girls hostels. Nous allons donc quittés la colocation avec les 7 autres français pour intégrer la cité u que nous avions réservé à l'origine, deux lits dans un appart avec 6 indiennes.... Peut être va t-on apprendre à cuisiner indien, avoir des bons plans pour acheter de beaux saris... et tout simplement rencontrer des indiennes, qui pour l'instant, parraisent effacées et discrètes par rapport aux garçons extravertis que sont les indiens que l'on connait déjà.

 

 


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Vendredi 5 octobre 2007

Bombay est une ville en pleine transition, elle joue avec beaucoup de contradictions :

  • elle est la 5e ville dans le classement des agglomérations mondiales et pourtant 60% de la population vivent dans la rue (ou dans des bidonvilles)

  • Le taux d'alphabétisation n'est que de %, mais pourtant, des nombreuses écoles forment des étudiants à haut potentiel qui tarvailleront dans les meilleures entreprises mondiales.

  • Sur les 30 hommes les plus riches de la planète, 11 sont indiens, pourtant nombre d'indiens vivent avec moins de 1$ par jour.

Au quotidien, ces différences semblent intolérables : un gros 4X4 BMW passe dans la rue alors qu'un minot en guenilles fait la manche et lui demande 2 roupies.... Qu'est ce que 2 roupies pour nous occidentaux? Pour les indiens riches? 2 roupies = 4 centimes d'euros.

Les différences sont flagrantes d'autant plus que l'Inde semble vouloir sauter l'obstacle des fondamentaux. A la différence de la Chine par exemple, l'Inde a choisi de favoriser et de développer la classe aisée de la population, sans tenir compte des plus démunis. L'Inde ne priviligie pas le dévelopement de toute la population (mise en place des conditions sanitaires de bases, éducation pour tous...) mais plutôt un développement pour certains. De ce fait, la croissance est beaucoup plus rapide.

Les techniques d'urbanisation sont par exemple assez impressionantes : les promotteurs construisent des immeubles standing et prévoit des quartiers très luxieux (piscines, espaces verts, aménagement de l'espace...) mais ceux-ci mettent des années à se construire... C'est ainsi que nous habitons dans un building tout confort, mais que la rue en bas est en terre, que les bidonvilles sont à deux pas, que nous sommes entourés d'immeubles en construction.

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La construction de batiments représente un travail de titans lorsqu'il n'y a qu'un seul tractopelle pour tout le chantier. Les indiens du batiment sont quelques fois toujours en train de travailler à 2h du matin, lorsque nous, privilégiés, nous nous couchons. Nombre de travailleurs sont en fait des travailleuses, qui transportent sur leur tête de grosses pierres. Des conditions de travail harrassentes, pour des salaires de misère, dans des immeubles où ils n'habiterons jamais...

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Hier, nous avons eté au Sanjay Gandhi National Park, au nord de la ville, ce qui nous a permis de nous rendre compte de l'avancé des travaux d'urbanisation en bordure de la « highway », sorte de rocade locale. Ici, d'imposants immeubles luxieux cotoient des bidonvilles à quelques mètres seulement. Et la modernisation se pousuit. Tout semble en éternelle construction. La ville est un grand chantier. Détruire les bidonvilles pour faire pousser des immeubles. Telle est la philosophie de la ville. Le plus grand bidonville d'Asie (à Bombay) est d'ailleurs à vendre actuellement, l'heure est simplement à savoir quel est le promoteur qui va se charger de détruire ces quartiers pour construire des batiments à la place. Mais où vont loger tous ces gens? Cette question, qui pour nous semble primordiale ne semble pas être à l'ordre du jour.


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Lundi 1 octobre 2007
Au milieu du trafic dense de la rue, une foule de passants essaye de passer d'un côté à l'autre : un presseur de fruits transporte un sac de citrons, deux écoliers en uniforme tendent leur bras vers les voitures pour les stopper, un veillard serre bien fort son livre pour qu'il ne lui échappe pas, une femme tient son bébé qui écarquille les yeux devant ce spectacle. Toute la population est représentée. Tous les ages, tous les styles, toutes les couleurs.

Ca grouille dans les rues de Bombay. Se poser et simplement observer ce paysage est passionnant. Il se passe toujours une aventure, un échange, un regard... Ca en est presque trop pour un oeil non averti. Les images à absorber se bousculent, mais comment faire? Impossible de tout voir...

Alors je me suis laissée transportée par un rickshaw, mode de transport local à trois roues communément utiliser pour se faufiler dans la jungle urbaine.

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Ici, klaxonner n'est pas un moyen d'avertir d'un danger, de signaler un abus de conduite à son voisin automobiliste ou autre usage que l'on pourrait imaginer. Non, le klaxon c'est une façonde dire : "attention, j'arrive! Je suis là! Laissez moi passer!" 

Camions, voitures, rickshaws, vélos... tous sont de la partie pour égayer le fond sonore de joyeux tut! tut! tut!
Nous commencions à nous y habituez, lorsque justement le rickshaw que nous venions de prendre, lui semblait avoir cassé sa précieuse sonnette. Mais, rassurez vous, à peine le temps de le faire remarquer, et alors même que le chauffeur ne comprenait pas l'anglais, il a tout de même inconsciemment compris, et vite réparé ce moment d'absence.

Pour résumer tous les sens sont en éveil à Bombay. La ville est aussi peuplée que l'ensemble du continent australien. Alors voilà, il y a du monde partout, partout, partout  et ça vie.

Moi qui trouvait qu'à Paris le monde, le trafic, le bruit étaient surdimensionnés. J'étais à côté de la plaque... A  Bombay, où qu'on aille, on est jamais seul. Suketa, dans son livre Bombay Maximum City pense qu'"aucune intimité n'est possible dans une ville qui connait une telle densité de population". J'aprécie tout de même le "quasi" silence lorsque le soir, je plonge dans les bras de Morphée. Mais à crapahuter partout en ville, é découvrir, à regarder, à sentir, à écouter tout ce qui se présente à moi, je ne suis même pas fatiguée le soir venu.

Tout cela est nouveau et j'en demande encore...

 


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Mardi 25 septembre 2007
Ca y est... l'impatience est à son comble...

Chaque regard croisé avec un ou une parisien(ne) d'origine indienne a pour effet de déclencher sur moi un grand sourire. Pourquoi? Simplement car je sais que je vais les cotoyer et vivre avec eux très prochainement. Eux aussi, parfois, me rendent le sourire, au milieu d'individus anonymes dans le métro regardant dans le vide...

Je m'envole demain à midi. le prochain post devrait donc être plus concret sur mes découvertes indiennes.
A très bientôt, à plus de 7000 km d'ici, France...


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Vendredi 21 septembre 2007
carteinde.jpgPourquoi partir si loin? En pays inconnu? Pourquoi cette soif de découverte? Et bien justement parce que c'est loin, inconnu et qu'il y a plein de choses à découvrir!

Lorsque j'ai commencé à réfléchir à une destination pour mon semestre d'études à l'étranger, j'ai d'abord cherché quels étaient les objectifs que j'avais envie de poursuivre, quelles contrées j'avais envie de découvrir, et surtout sur quels chemins j'avais envie de me perdre... Parce qu'en y réfléchissant bien, c'est de cela que j'ai envie, de me perde...

Me perdre dans un décor, dans une ambiance, une façon de vivre, de penser, de réagir... Il fallait que je goute le fruit d'une culture totalement inconnue à mes yeux.... Alors quand Bast dit que "L'Inde... ça t'ouvre le coeur" ou Chris "on a l'impression d'être un cosmonote qui débarque sur une autre planète" Il y a forcément quelque chose de fort qui se passe là bas...  D'après ce que j'ai entendu dire, soit on tombe amoureux de l'inde, soit on l'a déteste, en tout cas on ne reste pas indifférent. C'est cette différence là que je vais chercher aujourd'hui. M'enrichir de la différence.

Car très vite, chacun peut se laisser aller à suivre le chemin, la façon de penser que l'on nous inculque dès notre plus tendre enfance dans ce monde occidental. 
" Fais pas ci, fais pas ça
Viens ici, mets toi là
Attention prends pas froid
Ou sinon gare à toi"
Dutronc nous l'illustre très bien avec ce refrain, et qu'on le veuille ou non il y a un modèle commun de règles qui établissent le bien et le mal, qui régit chaque acte, chaque pensée, chaque petit orteil de la moindre existence...

Mais aujourd'hui, peut-on dire qu'il y a qu'un seul et unique chemin? Il existe plusieurs façons de voir les choses, et, à partir de là tout peut être remis en cause.

Partir en Inde est pour moi une façon de remettre en cause ce que je suis, ce que j'ai, et surtout ce que je pense. L'Inde me semble le cadre idéal pour cette "pause", où je vais essayer d'oublier mes certitudes pour m'imprégner de cette culture, pour voir quelles seraient mes réactions si je devenai indienne un beau jour en me levant.

Et vous, vous ait-il arrivé de vouloir rester dans un pays que vous avez aimer en voyageant? Peut-on avoir le coup de foudre à tel point d'y passer sa vie?

 

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